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Roberto Zucco
www.robertozucco.com
Critics' choice: Roberto Zucco
Time Out Paris
24 September 2003, p. 65
 « Inspiré d'une histoire réelle, la vie de Roberto Succo, un jeune Italien qui assassina ses parents sans motifs apparents avant de s'évader de prison, se déchaînant pendant deux ans en crimes, viols et meurtres, cette pièce est la dernière uvre de Bernard-Marie Koltès. Montée par le talentueux ADC Theatre de Cambridge et représentée dans la traduction anglaise de Martin Crimp, dramaturge contemporain de premier plan, cette pièce offre un tableau dérangeant d'énigmes ténébreuses et de vérités indicibles. Profondément inspirée par le film noir, cette production s'annonce comme un moment de théâtre à la puissance viscérale et visuelle. »
Une histoire de meurtrier belle
à mourir Cambridge Evening News
14 mai 2003, p. 21, par Sureka Fernando

« Intense et brutale, Roberto Zucco raconte l'histoire vraie d'un meurtrier psychopathe, Roberto Succo. En 1981, Succo fut emprisonné à l'âge de 18 ans pour le meurtre de ses parents. Cinq ans plus tard, l'Italien prit la fuite et, défiant les polices de trois pays, s'embarqua dans une terrible série de crimes, entre viols et meurtres.
Ce spectacle énigmatique crée une ambiance fascinante et dérangeante. Rien n'est sans prêter à conséquence dans cette pièce ; vous vous retrouvez aussitôt plongés dans l'univers pathologique de Zucco. La pièce vous pousse à tenter de comprendre les mobiles qui ont conduit le personnage à tuer ses parents, puis un policier et un enfant. Le plus intriguant est que Zucco échappe à toute définition. On pense le percer à jour, mais ses changements brutaux vous forcent à réviser sans cesse le jugement que vous portez sur lui.
Le charisme magnétique de Zucco est rendu à merveille par la présence captivante de Michael Winawer sur scène. Sa performance est portée par une troupe remarquable. Le texte inspiré de Bernard-Marie Koltès est porté par la mise en scène talentueuse de Gérald Garutti. Un style dense de film noir se combine à l'expressionnisme des lumières et du décor pour créer un spectacle profondément stimulant, provocant et inoubliable. »
De jeunes talents anglais
s'emparent d'un fait divers français
Le Parisien
25 septembre 2003 , p. 7, M-E Galfré
Ce soir et demain, au Théâtre Koltès de l'université de Nanterre, théâtre lié à la scène nationale des Amandiers, vous pouvez être plus que de simples spectateurs. Vous allez être les témoins d'une belle aventure humaine. La troupe que vous verrez jouer Roberto Zucco, la dernière pièce écrite par Bernard-Marie Koltès, en 1988 (voir encadré), a une histoire.

Venue d'outre-Manche en tournée en France, elle réunit les meilleurs éléments de l'ADC Theatre de Cambridge, vivier de la scène britannique dont sont issus les plus grands noms du théâtre et du cinéma anglo-saxons. Comédiens, metteurs en scène, réalisateurs de réputation internationale, comme Kenneth Branagh et Stephen Frears, ou encore l'actrice Emma Thompson, ont fourbi leurs premières armes dans ce centre universitaire dramatique d'excellence. Il y a des grandes chances pour que, parmi les acteurs de ce spectacle, se trouvent les têtes d'affiches de demain. Il faut retenir quelques noms. Celui de Michael Winawer dans le rôle de Zucco, de Kathryn Evans, dans celui de la mère de la gamine, d'Ina Popova ou de Nina Bowden.

Moyenne d'âge de cette troupe de onze acteurs: 22 ans. Tous étudiants sur le campus de Cambridge, maîtrisant plusieurs langues, ils ont été rassemblés par Gérald Garutti qui, lecteur de français au Trinity College, a choisi de monter à l'ADC cette pièce difficile aux allures de film noir. Un choix que le jeune metteur en scène de 29 ans, en doctorat de lettres et formé en art dramatique au cours Simon, explique de cette manière: Ce texte m'intéresse parce que c'est un immense point d'interrogation. Plus on côtoie Roberto Zucco, cet ennemi public numéro un dans les années quatre-vingt, moins on le comprend. Et les personnages font exactement le contraire de ce que l'on attend d'eux: une blessure fait sourire, une caresse fait pleurer, une victime est odieuse
Dans cette pièce, on n'a jamais les clés. Le public et la critique britannique avaient réservé un excellent accueil à la pièce, l'incitant à poursuivre l'aventure de l'autre côté de la Manche. Et c'est à Nanterre.

Roberto Succo. Ce nom a défrayé la chronique dans les années quatre-vingt. Au bilan de la brève existence (il est mort à 26 ans) de cet Italien au physique troublant et dérangeant, un double parricide à l'âge de 18 ans et une quantité affolante de crimes, de braquages et de viols, commis souvent sans mobile apparent. Bernard-Marie Koltès, auteur dramatique contemporain mort en 1989, en tire une pièce. Fasciné, il est inspiré par la découverte, dans le métro, d'un avis de recherche concernant cet assassin et psychopathe en cavale. Il hisse alors le fait divers au rang de la tragédie muant en « Z », signe de libre appropriation, la première lettre du patronyme de cet homme meurtrier. « Roberto Zucco » reste un mystère. On sent que Bernard-Marie Koltès a écrit cette pièce pour tenter de comprendre ce qui agite le tueur. Mais on sait aussi qu'il s'est immédiatement rendu compte que cet égarement défiant toute logique échappait à toute psychanalyse. Dans le sillage sanguinaire de Zucco, l'insaisissable, un triste et terrible cortège de questions demeureront sans réponse. Dans son cas, la folie ne s'explique pas, elle se constate. Et ce constat dans sa violence et sa brutalité écrase au moins autant qu'il attire. C'est la peur du vide. Vertigineux.
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